Professeur Philippe Caspar

Docteur en médecine
Docteur ès lettres
Agrégé de l'Enseignement universitaire en philosophie
Médecin hospitalier et président du Comité éthique de l'Institut psychiatrique saint Jean de Dieu à Leuze-en-Hainaut

Le clonage : percée scientifique ou instrumentalisation de l'humain ?

" A Dieu ne plaise ! La procréation, telle qu'elle était de mode, nous la déclarons une vaine plaisanterie " (Goethe, Faust II, 6838-6839).

Résumé : La naissance de Dolly en 1997 a eu un retentissement médiatique planétaire. Sur le plan biologique, ce qui paraissait inconcevable devenait possible : placé dans certaines conditions, un noyau somatique était capable d'enclencher un développement embryonnaire normal. La possible application de cette technique à l'homme suscite aujourd'hui encore de vastes débats. On distingue aujourd'hui le clonage reproductif et le clonage thérapeutique. Le premier, condamné quasi unanimement, vise à produire une copie conforme d'un individu adulte. Il y a là comme une réactualisation du vieux rêve d'immortalité. Dans cette perspective, le clonage reproductif apparaît comme un Graal moderne. Le clonage thérapeutique ambitionne d'orienter l'ontogenèse des cellules-couches embryonnaires dans certaines directions. Son but est de produire un jour des tissus de remplacement qu'il serait possible de greffer sans dommage dans l'organisme adulte originaire. Cette visée renvoie aux vieux rêves sacrificiels de l'humanité.